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Homélie de Mgr Christory – messe chrismale 2026

Chers frères prêtres, chers diacres, chers fidèles rassemblés pour cette messe chrismale,

Vous faites ma joie en étant ici, autour de l’autel du Seigneur, pour écouter sa Parole et vivre avec moi l’Eucharistie.

Ici nous le rencontrons et il nous parle. C’est le don que Dieu fait à son Église. Sa Parole est notre lumière.

Nous ne vivons pas isolés, hors du monde : nous sommes envoyés par lui dans le monde brillant de sa lumière. Cependant Jésus nous a prévenus de l’âpreté de cette mission : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » « Ne prenez ni besace, ni bâton, ni argent pour la route. » Jésus nous a voulu riches de sa grâce, mais désarmés des moyens du monde. Nous pourrions être tentés de les utiliser afin d’être efficaces, mais ce serait une erreur. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » dit Jésus « Avec moi, tout est possible. » « Ma grâce te suffit. » C’est le Seigneur qui rend féconde notre vie missionnaire même si, souvent, nous ne voyons pas directement les fruits du ministère, et cela importe peu finalement.

Le monde est aux prises avec la violence des hommes. Des violents s’en emparent. Rappelons-nous que la foi chrétienne s’est répandue, dans les premiers siècles, grâce à l’enthousiasme des disciples et de leurs successeurs, convaincus de la Résurrection du Christ, et par la force du témoignage des saints, allant jusqu’au martyre par amour de Jésus afin d’annoncer son message de salut. Le pape François ne disait-il pas que la foi se propage par attraction ? Cette attirance vers l’amour jaillit du cœur de Jésus.

Le monde souffre actuellement de déséquilibres humains et économiques qui engendrent guerre et violence, en particulier lorsque s’exerce un pouvoir injuste sur des populations fragilisées. Prions pour les chrétiens de Terre Sainte; ils sont nos frères et sœurs dans le Christ, fidèles à l’Alliance éternelle de Dieu, ils vivent entre vexations, violences et menaces de guerre. Ils témoignent pourtant d’une résilience extraordinaire en demeurant sur cette terre qui a vu naître Jésus-Christ. La parole des Apôtres, il y a deux mille ans, y résonne encore aujourd’hui depuis la grande prédication de saint Pierre le jour de la Pentecôte. Personne n’étouffe la joie de l’évangile qui annonce la paix.

Nous qui sommes rassemblés librement, dans cette magnifique cathédrale, nous nous unissons à eux par notre supplication en faveur de la paix et de la liberté religieuse. Dans ce monde, tant de chrétiens souffrent de persécutions, parfois jusqu’à la mort, à cause du nom de Jésus. À eux s’applique la béatitude rapportée par saint Matthieu : « Heureux êtes-vous si l’on vous persécute à cause de moi et de l’Évangile, car vos noms sont inscrits dans les cieux. » Ce 26 mars, nous avons commémoré l’enlèvement des moines de Tibhirine il y a trente ans. Ils avaient choisi de demeurer parmi leurs amis musulmans et ils reçurent la palme du martyre.

Par notre baptême, nous sommes devenus prêtres, prophètes et rois. Telle est notre vocation, nous la vivons avec vous frères et sœurs laïcs qui apportez tant à la mission par votre présence, vos talents, vos charismes et votre disponibilité au sein des activités pastorales et missionnaires de nos paroisses et mouvements. Comment ne pas vous remercier ? Oui, merci, car vous êtes avec nous vos prêtres, souvent discrets et généreux, nous apportant un soutien matériel, spirituel et moral dans nos missions sacerdotales.

Je tiens à remercier nos frères diacres, qui portent leur famille, certains avec des enfants à accompagner vers la vie adulte, en exerçant le ministère du service, notamment auprès des personnes souffrantes et des familles endeuillées. La diaconie est un signe manifeste de la charité de Dieu. Aidez-nous à ne pas ignorer l’attente des pauvres, soyez les promoteurs de notre communion en Christ.

La préface de la messe chrismale explicite admirablement le ministère du prêtre. Je la cite :

« En son nom Dieu notre Père, il – le prêtre – renouvelle le sacrifice rédempteur ; il prépare pour tes fils la table du banquet pascal ; par la charité, il montre la voie à ton peuple saint ; par la parole, il le nourrit ; par les sacrements, il le fortifie. En livrant leur vie pour toi et pour le salut de leurs frères, ils s’efforcent d’être conformes à l’image du Christ et te donnent avec constance la preuve de leur foi et de leur amour. »

Il y a une grande exigence dans cette mission qui nous est confiée par grâce ! Humblement, nous connaissons nos fragilités et nos limites. Et pourtant, le Seigneur compte sur nous, comme il s’est confié aux apôtres et aux disciples qu’il avait choisis pour être ses témoins.

Nous nous disposons à renouveler nos engagements en assumant notre responsabilité reçue de l’Esprit Saint. Dans notre ministère, la charité, la parole et les sacrements sont les pierres de fondation du sacerdoce que nous accomplissons au quotidien.

• La charité, c’est l’agapè, l’amour gratuit et total, qui ne réclame rien en échange, heureux de faire la volonté du Père en vue de la communion.
• La parole, ce sont nos mots au service de l’unique Parole de Dieu, révélée par l’Esprit Saint, transmise par la Tradition et consignée dans les Écritures.
• Les sacrements sont les moyens du salut par lesquels Jésus agit lui-même dans la vie des fidèles.

N’est-ce pas une merveilleuse mission d’être ainsi les médiateurs de tant de bienfaits ?

Pour conclure, la révélation messianique annoncée par le prophète Isaïe s’accomplit par Jésus. Elle nous appelle à une attention du cœur envers nos frères et sœurs les plus éprouvés : les pauvres, les malades, les endeuillés, les prisonniers, tous ceux qui souffrent, les oubliés, ceux qui ont le sentiment de passer à côté de la vie. Alors que la loi ouvrira la possibilité de donner légalement la mort aux personnes souffrantes, qui attendent un accompagnement humain et une prise en charge adaptée, nous devons être les témoins de la vie en soutenant les soignants qui sont sur la brèche chaque jour auprès des malades, des anciens, des personnes en situation de handicap, des affaiblis. Je mets devant toi la vie et la mort, choisis, mais je t’en prie choisis la vie.

Nous, prêtres, bénéficions en réalité d’une certaine facilité matérielle, alors que tant de personnes peinent à subvenir à leurs besoins pour nourrir leur famille, pour éduquer leurs enfants, pour accéder à un logement digne ou à quelques loisirs. Nous n’oublions pas tous ceux qui attendent de nous une bénédiction, un encouragement, une présence, une écoute. Cela nous invite à être généreux et à demeurer modestes, car le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Et notre maître a choisi de ne pas avoir de résidence et de sécurité pour vivre pleinement sa mission. A sa suite, avançons sur le chemin de l’humilité et de la sobriété évangélique. Que ceux qui possèdent vivent comme s’ils ne possédaient pas puisque disciple du Seigneur nous possédons tout.

Mes amis, puisse l’amour de Dieu reçu chaque jour dans l’adoration de sa présence nous comble de paix et de force.

Amen.

©françoisregisSalefran

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