Les origines de la communauté des Sœurs de Saint-Paul de Chartres à Levesville-la-Chenard

La communauté des Sœurs de Saint-Paul de Chartres a été fondée en 1696 par le père Louis Chauvet et Marie-Anne de Tilly à Levesville-la-Chenard un petit village de Beauce. 

Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres sont des sœurs de charité, marquées par le mystère pascal. « De toutes les œuvres de charité, il n’y en a pas de plus agréables à Dieu et de plus méritoires que l’instruction des ignorants et le soulagement des déshérités. » (Projet de Règlement). Depuis les origines ces sœurs œuvrent de préférence dans les lieux les plus abandonnés, là où les autres ne peuvent pas aller.

Le Christ est le centre, la source vivifiante, la raison d’être de leur vie. Leur spiritualité christocentrique est vécue dans la plénitude du mystère pascal, à l’exemple de saint Paul, leur patron.

Un peu d’histoire

La congrégation a été fondée sous le titre des Filles de l’école en 1696 par le père Louis Chauvet (1694 – 1710) curé de la paroisse de Levesville-la-Chenard.

En juin 1694, père Louis Chauvet arriva à Levesville où il fut nommé curé. Levesville était un village à 30 kilomètres de Chartres. Il devint également pasteur des hameaux d’Abonville et d’Ensonville. Pendant 16 ans, l’abbé Chauvet se dévoua à élever le niveau humain et spirituel du village. Il fut un père spirituel pour tous : les pauvres, les enfants, les paysans, les artisans ainsi que les petits nobles. Il les accueillait dans son presbytère, les instruisait, leur conférait les sacrements, les visitait quand ils étaient malades, organisait des secours pour les victimes des épidémies, partageait leur joie aux mariages et aux baptêmes et les accompagnait à leur dernière heure.

La semence d’un projet religieux a pris racine dans le secret du cœur et de l’esprit du père Louis Chauvet. Bien qu’il n’eût jamais parlé ouvertement jusqu’alors, d’ouvrir une école à Levesville, il enregistra dans les actes officiels de la paroisse, la date précise où il a fait un pas vers la réalisation de ce projet : « Le 28 avril 1695 le curé de Levesville loue 9 septiers environ pour l’entretien d’une maîtresse d’école. » (Acte notarié, bail des terres de la fabrique).

Marie-Anne de Tilly, Marie Micheau et Barbe Foucault, les premières Filles de l’école de Levesville viennent d’une conversion du cœur, d’une foi solide, traversée par l’épreuve et d’une patience mûrie dans la souffrance. Elles furent toutes façonnées à l’école de la spiritualité du père Chauvet en disciples du Christ. Elles favorisent la fondation de la Congrégation des Sœurs de Saint Paul de Chartres en 1696 en Beauce, l’ouverture de la première école en 1700 à Levesville et de là, dans tous les continents. L’objectif à l’époque était de prendre soin des pauvres dans les campagnes ravagées par la guerre. La première communauté est confiée à Marie-Anne de Tilly, cofondatrice de la communauté, qui prépare ses jeunes compagnes pour leur mission : instruire les enfants, soigner les malades et visiter les personnes âgées grâce à de petites communautés de deux ou trois sœurs.

En 1708, le père Chauvet confie la communauté des Sœurs de l’école qui se développait, à Monseigneur Paul Godet des Marets, évêque de Chartres. Ce dernier lui procura une maison dans le faubourg Saint-Maurice. Il lui donna un supérieur ecclésiastique en la personne du père Maréchaux et un nom, celui de l’Apôtre Paul, qui est leur Patron et modèle. Les fondations se succédèrent rapidement. En 1727, le Comte de Maurepas, Secrétaire d’Etat, demanda à l’évêque de Chartres, des Sœurs pour prendre soin des malades à l’hôpital de Cayenne en Guyane et instruire les enfants de cette ville. Quatre Sœurs furent choisies parmi le grand nombre de celles qui s’offrirent.

Mortes jeunes, mais mûres pour la vie éternelle, Marie-Anne de Tilly, Marie Micheau et Barbe Foucault furent les petits grains de blé tombés en terre qui meurent pour donner une récolte abondante. Le père Louis Chauvet meurt le 21 juin 1710. Il fut inhumé dans l’église de Levesville le 22 juin 1710. En 1843, Mère Maria Rouyrre, Supérieure Générale, a fait transférer ses restes à la chapelle de la maison mère à Chartres.

Les Sœurs de Saint-Paul essaimèrent à travers le monde. Leur route fut parsemée d’épreuves : la Révolution française de 1789, la sécularisation au 20e siècle, les 1ère et 2e guerres mondiales. Encore aujourd’hui elles vivent dans un monde marqué par la violence et l’injustice. Tout ce passé est inscrit dans le présent. Actuellement, elles sont environ 4000 sœurs œuvrant sur les cinq continents, vivant le mystère pascal dans l’esprit de leur fondation.

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