#394 « Même face aux menaces, comment Paul proclame la victoire du Christ Sauveur ? »

La vie de l’Église en France est très animée durant l’été. On ne compte plus les pèlerinages, les pardons bretons, les routes vers le Mont saint Michel, vers Compostelle ou vers Assise, les sessions à Paray-le-Monial ou à Hautecombe, les séminaires de formation bibliques et théologiques, les camps scouts – même si la canicule a obligé certains à fermer –, les pélé-VTT, les retraites en foyers de charité, les animations pour les touristes dans les sanctuaires si nombreux comme Rocamadour, les pèlerinages des hospitalités diocésaines à Lourdes, etc. C’est réellement magnifique de voir tant de personnes touchées en leur cœur par l’amour de Jésus, et parmi elles beaucoup se prépareront au baptême. Soyons attentifs à leur présence et ne limitons pas notre plaisir à aller à leur rencontre lors des eucharisties dominicales ! Ajoutons que c’est le bon moment pour mobiliser tous les chrétiens et leurs amis pour réserver les jours de rencontre avec le pape Léon XIV fin septembre. Nous aurons besoin de milliers de bénévoles pour la réussite de ces célébrations. 

Continuons la fascinante découverte des premiers chrétiens au sein de l’Empire romain et le zèle de Paul comme témoin de la résurrection du Christ. Depuis quelques semaines, nous suivons le récit des Actes des apôtres. Au chapitre 21, la menace grandit. Le voyage de Paul, accompagné semble-t-il par Luc qui écrit à la première personne, se déplace par voie de mer sur un bateau marchand qui offrait quelques places à des passagers. Paul se déplace de ville en ville : Cos, Rhodes, Patara, Tyr, Ptolémaïs, Césarée. 

C’est dans cette dernière qu’un prophète nommé Agabos descendit de Judée. Luc dit : « Il vint vers nous, enleva la ceinture de Paul, se ligota les pieds et les mains, et déclara : « Voici ce que dit l’Esprit Saint : L’homme à qui appartient cette ceinture, les Juifs le ligoteront de la sorte à Jérusalem et le livreront aux mains des nations » (Act 21,10-11). Ce prophète annonçait les tribulations qui attendaient Paul, sachant que son ardeur à annoncer Jésus comme étant le Messie annoncé dans les saintes Écritures mettait en fureur les autorités juives de Jérusalem, d’autant que pour elles, Paul s’opposait à la circoncision et donc à la loi mosaïque. Malgré les avertissements de tous, Paul était décidé à monter à Jérusalem et leur disait : « Que faites-vous là à pleurer et à me briser le cœur ? Moi je suis prêt, non seulement à me laisser ligoter, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus » (Act 21,13).

Arrivés à Jérusalem, les frères accueillirent Paul et ses amis avec une grande fraternité et celui-ci leur faisait part des merveilles accomplies par le Saint Esprit. À Jérusalem aussi, des milliers de Juifs étaient devenus croyants. 

Mais l’accusation contre Paul n’allait pas tarder à surgir, et de nombreux juifs échauffaient les esprits contre lui en criant à qui voulait l’entendre « Israélites, au secours ! Voilà l’homme qui, auprès de tous et partout, répand son enseignement contre le peuple, contre la Loi et contre ce Lieu ! Bien plus, il a aussi fait entrer des Grecs dans le Temple, il a souillé ce Lieu saint ! » (Act 21,24). Quand une idée est violente et qu’elle est lancée par des voix autorisées vers des personnes ignorantes, elle se propage. On voit encore cela dans certains pays comme le Pakistan ou le Bangladesh lorsqu’un chrétien est accusé de blasphème par ses voisins jaloux de sa réussite. Qui vérifie réellement les dires de l’accusé ? Qui se fait son défenseur ? En réalité, la raison disparaît étouffée par une pluie de haine, jusqu’au meurtre parfois. Ici, on accuse Paul de faire entrer des païens dans le Temple. Le texte nomme un certain Trophime d’Éphèse qui certes circulait avec Paul en ville, mais que Paul n’avait pas introduit dans l’enceinte sacrée. Heureusement « tandis qu’on cherchait à le tuer, l’officier romain commandant la cohorte fut informé que tout Jérusalem était en pleine confusion » (Act 20,31). Ne voulant ni procès, ni jugement, la foule vomissait sa méchanceté bien décidée à lapider l’infâme. Le texte nous dit que « la multitude du peuple suivait en criant : « Mort à cet homme ! »

Les Romains avaient des lois sévères mais généralement ils exigeaient un procès avant de soumettre une personne à question voire sa mise à mort. C’est à cette exécution que Paul échappa ce jour-là, le commandant l’ayant exfiltré avec ses soldats pour l’enfermer dans la forteresse qui dominait le Temple de Jérusalem, construite d’ailleurs à cet emplacement au nord du grand parvis pour surveiller les juifs et prévenir toute sédition. 

Paul dit : « Moi, je suis un Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas insignifiante ! Je t’en prie, permets-moi de parler au peuple. » Cela lui fut permis et nous avons au chapitre 22 un nouveau discours de Paul qui parle à l’assemblée en araméen, la langue des juifs de Palestine, celle que parlait couramment Jésus. Au centre du discours, il leur dit sa rencontre avec Jésus-Christ : « Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” » (Act 22,7-8). On rappelle que Paul avait comme prénom de jeunesse Saul. Il ajouta sa rencontre avec Ananie à Damas qui le recueille aveugle, le baptême qu’il reçut des mains de Barnabé puis son voyage pour rencontrer les apôtres de Jésus. Plus tard, dans le Temple, lors d’une extase, il entendit le Seigneur lui dire « Hâte-toi, sors vite de Jérusalem, car ils n’accueilleront pas ton témoignage à mon sujet. » Alors le Seigneur l’envoya vers les nations, donc les grecs non juifs. Tout ce récit ne put que provoquer à nouveau l’ire des auditeurs juifs de Jérusalem qui n’acceptaient pas la nouveauté du message. Les soldats romains mirent Paul à l’abri, finalement sans le maltraiter, lorsque l’officier eut découvert que leur prisonnier avait la citoyenneté romaine, privilège rare dans l’Empire et qui lui valait un respect certain. Lors de ses voyages, Paul se présentait rarement comme citoyen romain, il ne recherchait pas la renommée, il désirait que la force de la Parole proclamée puisse convaincre, mais si cela était nécessaire, il disait sa citoyenneté. Peu de juifs avaient ce statut privilégié. Lors de son martyre, c’est ce statut de citoyen romain qui vaudra à Paul la décapitation et non la crucifixion ! 

Chers lecteurs et auditeurs de ce message, il m’est difficile de relater tous les détails de ces récits si vivants. L’écrivain lui-même n’a pu retranscrire tout ce que Paul développait, car même si son discours semble long, soit le chapitre 22 du livre des Actes, le lire ne prend que quelques minutes. Or Paul dût prendre son temps pour justifier sa mission et en développer les arguments. Je ne peux que vous conseiller de lire ces récits des Actes des apôtres qui ne sont pas intégralement proclamés lors des liturgies eucharistiques. Comme fidèles catholiques, lisons la Parole qui est une source merveilleuse, tant pour les connaissances qu’elles nous apportent que pour l’inspiration et la sagesse qu’elles contiennent. 

Prions ensemble maintenant et approfondissons notre appel à vivre comme ces premiers chrétiens, priant et méditant les Écritures, servant nos frères et sœurs dans la charité. En ces jours de grande canicule, où plusieurs régions sont sévèrement touchées par les incendies, beaucoup souffrent et certains se donnent corps et âmes pour le bien commun : agriculteurs, forestiers, pompiers, policiers et militaires, et tant qui viennent en aide aux autres. Les personnes âgées et les malades sont victimes de ces épisodes parfois insupportables à vivre dans la fragilité. Est-ce que la France qui vient de voter une loi contre la vie mérite l’aide de Dieu ? Je ne peux répondre à sa place mais j’espère en la Miséricorde de Dieu dont Jésus nous a révélé la grandeur de son amour. Oui, prions humblement pour les victimes de ces drames, surtout du fait des incendies. Et demandons la paix pour notre monde qui a souvent perdu le sens du bien et de la sagesse. 

Notre Père